AVENIR DE VENTADOUR La question devenue urgente du programme d'aménagement de l'accès à Ventadour et de sa présentation au public a donné lieu à un débat animé lors de l'AG du 8 janvier 2010. En voici les conclusions. Les interventions pratiquées en 2009 – coupe à blanc de la végétation au pied du site, élargissement de la route d’accès, terrassement et équipement d’un parc à voiture, acquisition d’une villa et ouverture d’une « buvette et billetterie » à la Chanselve – indiqueraient qu’un plan d’aménagement est à l’œuvre qui supplante celui conçu en accord avec la DRAC par les précédents responsables de la Communauté de Communes et la municipalité du Moustier. Privés de toute information publique sur le sujet, nous profitons de la présence de Jean Boinet, ancien président de la Communauté de Communes, pour l’interroger sur les évolutions passées et présentes. Jean Boinet rappelle la stratégie engagée antérieurement : « Il y a 20 ans, dans le cadre de la charte intercommunale « Doustre Luzège Ventadour », une étude a été entreprise sur le territoire par le cabinet « Espitalier-Consultant » sur la base de deux atouts : la vallée de la Dordogne et le château de Ventadour. Pour le château, la piste de travail retenue était de valoriser le site en lieu de mémoire de la poésie occitane, thème culturel aussi important, selon le bureau d’études, en termes de potentiel de développement économique, que celui des Cathares en Ariège. Principal atout : « rien n’existe en France à ce jour, situation géographique privilégiée du site, thème patrimonial d’intérêt international et histoire littéraire du lieu symbolique de Ventadour ». Principal handicap relevé par les enquêteurs : « les habitants locaux et même les élus n’ont pas conscience de ce potentiel de développement ; de plus ils n’y croient pas ». C'est encore hélas la situation actuelle. Mes premières actions à la Communauté de communes pour mettre en œuvre les conclusions de cette étude, ont consisté en la sauvegarde du site par la cristallisation des ruines du château (quasi gratuite pour les finances locales, je le rappelle). L'étude proposait d’y lier des fouilles archéologiques dans le but de connaître l'histoire du lieu et de la construction du monument. Ce qui fut fait jusqu’en 2007. Un plan d’urbanisation du bourg du Moustier prévoyait d’ouvrir une maison d'accueil dans le bâtiment de ferme cédé à cet effet par un membre de Carrefour Ventadour avec, à la clef, la réalisation d’un accueil touristique, musée lapidaire, salle de conférence et de documentation, dont toute la bibliographie de « Carrefour Ventadour ». A proximité du parking « de dissuasion », création par la commune, pour les habitants de Moustier-Ventadour, d’un « multiple rural » (café-restaurant-commerce) dont l’équilibre économique - donc la survie - dépendrait directement de l’activité touristique de la Maison d’accueil, estimée à terme à 20 000 visiteurs/l’an par le Cabinet Espitalié. Du Moustier au château, un chemin piétonnier animé par étapes, aurait mené progressivement le visiteur du Moyen Age au XXIe siècle. Outre l’expertise de l’État et de la Région, le partenariat avec diverses universités à travers un Conseil scientifique et avec Carrefour Ventadour contribuait à la rigueur intellectuelle de la démarche et garantissait à terme nos objectifs de qualité assurant la notoriété de ce site référent de la lyrique occitane médiévale. Malheureusement, la dimension de cette stratégie de développement à long terme semble ignorée des nouveaux responsables de la Communauté de communes. Elle n’est plus à l’ordre du jour au profit de manifestations ponctuelles, certes spectaculaires mais incompatibles avec la logique de légitimité patrimoniale qui seule garantissait la qualité, gage de la valorisation économique prévue par les spécialistes. Les partenariats engagés n'existent plus. La maison nouvellement acquise près du château inverse l'orientation préconisée par l’étude initiale. Quant à l’animation estivale de masse innovée en 2009, elle ne présente vraiment pas les garanties culturelles et artistiques qui devraient prévaloir pour mériter au site une notoriété touristique digne de son patrimoine. Cette nouvelle situation remet en cause, sinon l’obtention, du moins la pérennité à terme du « Pays d’Art et d’Histoire » dont Ventadour est une pièce maîtresse - labellisation engagée conjointement à la valorisation du site et représentant lui-même un atout majeur de notoriété, donc d’activité touristique au sens économique du terme. Cependant, le plus important et le préalable incontournable: « sauver le château » a été fait… et notre patrimoine restera maintenant solide dans le temps… donc rien n’est perdu. » Le Président remercie Jean Boinet de son exposé et résume en quelques mots le souci de l’Assemblée :« Nous nous inquiétons donc de faits avérés : l’acquisition du local de la Chanselve paraît sceller l’abandon de la « maison d’accueil » définie plus haut. Le flux des visiteurs, au lieu d’être accueilli, informé et initié au patrimoine qu’il vient découvrir grâce à l’espace muséal et à la base documentaire réunie par nos soins, puis d’être convié à gagner Ventadour par des moyens « doux » - parcours balisée ou navette - ira désormais en voiture jusqu’à la billetterie au pied du site, sans garantie de visite guidée. Les conséquences, tant pour l’environnement qu’à l’égard du public, sont si radicalement contraires aux vœux émis par tous, acteurs et habitants, et aux avis motivés des experts depuis 20 ans, qu’il est de notre devoir d’obtenir des responsables qu’ils exposent clairement la teneur et la cohérence de leur projet. J’invite l’AG à trancher du mode d’intervention. Le choix préconisé est de proposer une rencontre au Président de la Communauté de communes de Ventadour, Michel Paillassou, en présence d’experts compétents. » Après un bref débat, l'A.G. vote majoritairement (- une abstention) en faveur de cette proposition. Voir le dossier complet du projet abandonné. N'hésitez pas à nous faire connaître votre sentiment. Pour revenir au compte-rendu de l'AG 2010, cliquer ici.