Bernard de Ventadour v. 1125 - v. 1195 Version imprimable (fichier PDF) Né d'une famille attachée à Ventadour, il aurait eu pour père un homme d'armes, et pour mère une femme qui cuisait le pain du château. Instruit par les moines du Moustier puis à Saint-Martial de Limoges et peut-être juriste, il est initié au TROBAR poétique et musical par Eble II Lo Cantador qui meurt au retour de la IIe Croisade, vers 1149. Son fils Ebles III épouse Marguerite de Turenne, veuve du vicomte Guy de Limoges, pour l’amour de qui Bernart écrit et chante ses premières cansons. Colportées par les jongleurs elles le rendront bientôt célèbre lorsque, chassé de Ventadour, il en emporte le nom et gagne Poitiers où la reine Aliénor, divorcée de Louis VII en 1152, va épouser Henri II Plantagenêt. Celui-ci devenant roi d'Angleterre en 1153, Bernart assiste au sacre à Londres et rencontre peut-être Chrestien de Troyes. Il séjourne en diverses cours de France, Aquitaine ou Italie, puis auprès de Raimon V de Toulouse jusqu'en 1194. De son oeuvre, quarante manuscrits de chansons nous sont parvenus, dont dix-huit avec leur mélodie ; toutes sont des chants d'amour. Tan am midons e la tenh car, E tan la dopt’ e la rebaln C’anc de me no.lh auzei parlar, Ni re no.lh quer ni re no.lh man. Pero elh sap mo mal e ma dolor, E can li plai, mi fai ben et onor, E can li plai, eu m’en sofert ab mens, Per so c’a leis no.n avenha blastens. Tant j’aime et tiens ma dame chère ai respect d’elle et discrétion de moi je n’ose que lui taire ma requête et ma pétition. Mais elle sait mon mal et ma douleur lui plaît-il, elle me fait honneur lui plait-il, moins m’est suffisance tant qu’elle n’encourt nulle offense.