Jean-Pierre Lacombe est par son père franc Limousin et par sa mère, serait presque d’Auvergne. Il lui est difficile de séparer les deux parlers qui de toute façon se ressemblent tant. Il essaie néanmoins de se tenir à un par poème. Tu feras comme lui, lecteur, tu passeras de l'un à l'autre sans t'en étonner. La langue lui est de naissance, bonne et belle ; le plus souvent en de petits textes concis arrive l'image vive, le savoir-dire ; nous sommes conviés aux saisons d'une nature visitée par le mythe ; la lune est bien sûr vierge de pas d'homme, mais les vaches (qui le firent vivre) paissent aussi les pâturages du ciel, en bordure de la Voie Lactée ou Chemin de Saint Jacques.

Samedi 10 novembre 2012 à 18 h Jean-Pierre LACOMBE, écrivain, poète, photographe corrézien, présente son premier roman L’Or sous la cendre De retour au pays après vingt ans de labeur, l’intrépide Jacques Cluzanges devient, à l’étonnement général, propriétaire du domaine de Vervialle près de Bort, là où la Corrèze rencontre l’Auvergne. Ses manières provoquent surprise et incrédulité. Chacun s’interroge : est-ce vrai qu’il détient une « montagne » d’or, un trésor frappé de malédiction ? Que signifie son obsession du feu ? Enfin, comment expliquer que parvenu à la cinquantaine, le maître de Vervialle se montre soudain désireux de rompre avec le célibat ? Jean-Pierre Lacombe dresse ici le portrait, tout en singularité et en mystère, d’une de ces légendes vivantes dont la réussite alimentait force rumeurs dans les campagnes au cœur de la Belle Époque. Il nous transmet aussi un témoignage précieux sur la vie quotidienne des générations de paysans de Haute-Corrèze qui nous ont directement précédés. Quelques dialogues en « patois » émaillant ce récit toucheront particulièrement les lecteurs de la région par leur authenticité et leur spontanéité. Jean-Pierre Lacombe a toujours vécu "au pays" : après une enfance près de Brive-la-Gaillarde, il s’installe en Haute-Corrèze où, pendant près de vingt-cinq ans, il élèvera des bovins limousins avant de se tourner entièrement vers l’écriture et la photographie. En 2007, ses publications débutent par "Sentiers paysans", dévoilant une vision inédite du monde rural. Puis paraît une vaste enquête illustrée sur l’habitat local : "Maisons de paysans", enfin le recueil de poèmes occitan/français "Lo Dever del vaure", qui lui vaut le Prix Jaufre Rudel en 2011… Ses ouvrages sont autant de témoignages forts sur la vie, les coutumes et l’habitat de nos campagnes bas-limousines.
Vendredi 11 mars 2011, Joan-Peire Lacomba, Lo dever del vaure/le devoir de l’abîme, Ed. dau chamin de sent Jaume, 2010. Presse: cliquez ici. A l’instar de Guillem IX d’Aquitània, Joan-Pèire Lacomba fut sans doute « de nueitz fadatz sobr’un pueg au ». Il compose son « darrier matin oneste » et sa « campana dins lo lum » comme une délicate mosaïque de sensations profondes dont il revêt notre appréhension de la vie, du monde, de soi. Ses images ciselées exhalent un calme profond qui amène le lecteur séduit à trouver ou à chercher des référents dans ce que jusque là il percevait de l’abîme ou de son monde intérieur. Il y découvre un amour instinctif de la nature, quelque chose qui apparaîtrait soudain en lui, qu’il laisserait venir sans le convoquer ; des voix qu’il entendrait et qui feraient de lui un des rares à comprendre les confuses paroles des vivants piliers . S’il nous perd parfois dans ses images ce n’est jamais au détriment de la beauté ni de la sincérité de sa plume dont on lui sait gré de tout cœur car, à le suivre dans les interstices de son paysage, on goûte sa transcendance. Katy Bernard Membre du jury du prix Jaufre Rudel