...Couronnant leur éperon barré entre les rivières, les courtines et les tours dressent depuis des siècles leur emblème seigneurial. Elles s’érigent en maîtresses du paysage comme leur seigneur devait protéger le pays alentour. A demi écroulées, ces silhouettes spectrales règnent encore sans qu’il soit nécessaire de se référer à leur histoire... ...Le charme de Ventadour est poétique ; il vient non seulement en réponse aux questions sur la beauté du verbe et de la mélodie au service de l’amour : il est ces questions même, il les traduit en paysage. L’amour est-il un art ? Y a-t-il un art d’aimer ? Les tour-opérateurs friands de coups d’estoc et de taille n’ont - Dieu merci ! - que faire d’arguments de vente aussi ténus, immatériels, d’une esthétique aussi indiscrète et qui parle aux tréfonds de la sensibilité... Excellente antidote aux niaiseries des fêtes médiévales, Ventadour - poésie, musique, langue d’oc - et sa vicomté à travers l’histoire, mettent au défi de vivre, aimer et créer aujourd’hui. Sur un choix de photographies argentiques glanées au fil des saisons par Jean-Christophe Mathias, se greffe une «philosophie des ruines» inspirée par le haut lieu à Luc de Goustine.
LE CHEMIN DE VENTADOUR Le voici enfin, ce livre sur Ventadour ! Non pas un livre de plus au sujet des troubadours : il en existe tant dont, ma foi, nombre de bonne tenue. Cette fois nous avons entre les mains un livre de photographies et de petits textes qui les accompagnent, les suivent, quand ils ne les précèdent pas. Les images d’abord, qui sont la partie du livre la plus évidente, celle qui vous saute au visage dès l’abord de la couverture et une fois le livre ouvert vous prend par la main dans le semi-désert des ruines et du pays qui semble les dissimuler. Ici, pas de photographe connu, de vedette de l’image que l’on aurait invitée et peut-être chèrement invitée à se perdre pour quelques semaines dans un endroit qui lui serait demeuré étranger, bercé dans son esprit par la dépréciation que notre temps fait au Moyen-Age. Jean-Christophe Mathias, lui, s’est arrêté en Limousin, en Haute-Corrèze, par la bonne volonté du hasard qui est tout sauf irréfléchi. Brouillards, neige, nuages, herbes folles, vagues de pierre sur le désert de cet éperon farouche que les vents n’achèveront jamais de dévorer, vous avez là, accompagnée d’une palette de couleurs des plus fines, sa vision de Ventadour, composée d’images argentiques, non celles d’un temps révolu, mais bien celles que le meilleur de l’attente aide à faire surgir des bains de la chambre noire. Et, venant à la suite, ou peut-être avant, ou peut-être sur la trace légère du photographe, le rédacteur nous parle de ruines, puisque le sous-titre Une philosophie des ruines appelle au voyage, mais sans passeport ni billet de train ou d’avion. Ruines de Ventadour, bien sûr, mais aussi ruines au cœur gros de friches industrielles quand ce n’est pas de la charge de l’Histoire, ruines de villes écrasées par des bombes en chapelets longs comme les litanies du malheur, l’auteur qui œuvre depuis si longtemps dans sa foi pour les troubadours, l’écrivain, que nous connaissons bien, Luc de Goustine, semblant s’en écarter pour mieux y revenir puiser, nous fait entrevoir sa promenade dans au grand silence de Ventadour comme un savoir initiatique au cœur des murailles écroulées ; comme si le bâti, dont nous autres Limousins avons eu une haute science n’était pas aussi loquace que la ruine, puisque si l’un affirme, et il n’est pas dit que chaque affirmation soit comprise à sa véritable hauteur, l’autre ne fait que questionner et la question est, ainsi qu’on nous le ressasse aujourd’hui, « universelle », tantôt interrogation, tantôt douleur et profonde écorchure de soi-même. Alors, pour reprendre Bernard Sicart de Marvejols, venez « en grande réflexion » sur ce chemin de Ventadour qui n’en finira jamais de se prolonger vers la poésie ! Jean-Pierre LACOMBE LO CHAMIN DE VENTADORN ’Quo era pas que ’quò nos alonjessa pas ! Un libre sus Ventadorn… Pas un libre de mai per nos parlar daus trobadors, que lai n’i a desjà mai d’un e plan, per ma fe, de bona tenguda. Aqueste còp avem entre las nòstras mans un libre de fòtògrafias e de petits texts per las accompanhar, las segre daus-uns-còps, quante ’quo es pas las devançar. Los imatges d’en prumier, pr’amor que son lo tròç lo mai evident de ’quel libre, lo que vos lamba còp-sec pel nas, quitament a l’òrle de la cruberta, e que, un còp lo libre drubert vos pren per la man dins lo mieg-ermas de las roinas e del país que las sembla rescondre. Pas cap, aicí, de fòtògrafe conegut, de vedeta de l’imatge que l’aurion convidada e beleu charament convidada a venir se perdre quauquas setmanas en d’un endrech que i seria estat e demorat estrangier, breiçat dins son eime de la negacion de las nautors de l’Atge Mejan entrenteguda per lo nòstre temps. Lo Jean-Christophe Mathias es quauqu’un que s’es aplantat en Lemosin, en Nauta-Coresa, per lo bon voler de l’azard qu’es be tot, fòra d’esser einoçent. Neblas, neus, nivols, erbas fòlas, ersas de peira sus l’erm d’aquel suquet volontos que los vents auran pas jamai ’chabat de lo craunhar, avetz ’quí, emb de ’na paleta de finas colors, la sua remirada de Ventadorn, per lo biais d’imatges argentics, non pas los del vielh temps mas los del melhor que l’esperada ajuda per salir daus bonhadis de la chambra negra. E, ’ribant apres, o beleu davant, o beleu sus la piada laugiera del fòtògrafe, lo redactor nos parla de roinas, que lo jos-titol Une philosophie des ruines sent a viatge, mas sens cap de passapòrt, ni bilhet de trin o d’avion. Roinas de Ventadorn de segur, mas tanben roinas del còr pesug conflas de gresas industrialas quante ’quo es pas del cachadis de l’Istòria, roinas de vilas esbolhadas per de cordeladas de bombas tant lonjas coma las litanias del malur, l’autor, ilh qu’òbra dumpuei tant de temps de sa fe per los trobadors, l’escrivaire, que lo coneissem plan, lo Luc de Goustine, coma si se’n parava per mielh se lai tornar abeurar, nos fai trasveire sa permenada al bel silenci de Ventadorn dins de ’na sabença iniciatica al mieg de las parets desrochadas ; coma si lo bastit, que nosautres Lemosins n’avem saubegut quauqua res, era pas tant parlaire coma lo desbastit, en çò que si v-un afortit, e es pas dich que chade afortiment siaje compres a sa vertadiera nautor, l’autre fai mas questionar e la question es, del biais que zo dison mas aura, « universala », quora interrogacion, quora dolor e priond engraunhadis de se-mesma. Adonc, qu’en disia pas lo Bernat Sicart d’a Marvejòus, venetz mas, de vòstre « grand pensament » sus aquel Chamin de Ventadorn que ne’n ’chabara pas jamai de s’estirar vès la poesia ! Joan-Peire LACOMBA
Remise de la subvention de l'association Crédit Agricole - Centre France, le 31 mars 2011
EXPOSITION Créée en partenariat avec le Studio Mathias (Bordeaux) à l'occasion de la Trobada à la citadelle de Blaye les 24 et 25 juin 2011, cette exposition de Jean-Christophe Mathias est visible du 12 juillet au 31 août 2011 au Monastère cistercien du Jassonneix à Meymac (Haute-Corrèze) STUDIO MATHIAS 219, rue Sainte-Catherine 33000 BORDEAUX Téléphone : 05 56 91 53 84 Courriel : photomathias@free.fr Site Internet : www.photo-bordeaux.net
Interview des auteurs: France 3 Pays de Corrèze, 21 janvier 2011 RCF Corrèze, 10 janvier 2010 Presse: "Pays du Limousin", octobre-décembre 2011 Centre Régional du Livre en Limousin Corrèze Magazine février 2010, p.22, Kiosque: "Tous les chemins mènent à Ventadour" La Montagne, 4 janvier 2011 L'Echo du Centre, 30 décembre 2010 La Montagne, 16 décembre 2010 Pour commander le livre, cliquez ici.
TOUT SAVOIR SUR LE SPECTACLE DE VENTADOUR
Les éditions Carrefour Ventadour présentent le premier album photographique sur Ventadour Texte de Luc de Goustine Philosophie des ruines Clichés de Jean-Christophe Mathias augmentés du grand poème Inania pello né des lectures-spectacles sur une musique originale d'Olivier Payrat exécutée par lui à l'harmonium et à l'oud Toile de Jan Grabowski